Michel Charron
Portfolio

 
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Biographie

Accumulant plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie cinématographique et télévisuelle, autant sur le plateau qu’en postproduction,  Michel Charron a dédié la plus grande partie de sa vie au monde de l’audiovisuel.  À l’âge de 17 ans, il entame sa prolifique carrière en tant que perchiste, avant de rapidement devenir preneur de son, ainsi que monteur sonore.  Son métier le mènera à travailler autant à l’ONF que sur différentes productions québécoises, internationales et américaines, ainsi que sur plus d’un millier de publicités.

Cette feuille de route bien étoffée contient en plus de nombreuses récompenses et nominations, notamment dans le cadre des prix Gémeaux, Jutra et Génie. Cette impressionnante carrière sera immortalisée en 1986 avec l’introduction d’un article lui étant consacré dans le Dictionnaire du cinéma québécois.

Tout en faisant sa marque dans le milieu du cinéma, il se positionne aussi rapidement, dès 1976, comme un farouche défenseur des droits des travailleurs.  Au fil des années, il siégera ainsi au conseil du Syndicat national du cinéma (SNC) et du Syndicat des Techniciens et Techniciennes du Cinéma et de la Vidéo du Québec (STCVQ).  Puis, en 2005, il fonde, avec d’autres techniciens, IATSE 514 et devient son directeur général, un poste auquel il sera réélu consécutivement trois fois.

Dans ce rôle, il se portera au front pour exiger la modification de la Loi S32.1 (Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma). Grâce à l’adoption du projet de loi 32 en 2009, les techniciens qui participent aux productions audiovisuelles quittent finalement leur no man’s land pour être inclus dans la Loi.

En plus de son rôle au sein d’IATSE 514, il sera administrateur au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ) pendant trois ans. Il siégera aussi à titre de directeur au Bureau de direction du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain et au Conseil SST de la FTQ, ainsi qu’au Comité paritaire CSST des règles de sécurité pour l’Industrie du cinéma et de la vidéo du Québec.  Il a aussi occupé le poste de représentant pour IATSE au Conseil général de la FTQ.

Également impliqué dans la formation des travailleurs de l’audiovisuel, il cofonde l’Organisme de Formation de l’Industrie du Cinéma et des Nouveaux Médias du Québec (OFINMQ), où il agira comme administrateur et trésorier.  De même, il siégera comme administrateur au Regroupement pour la formation en audiovisuel du Québec (RFAVQ), où il s’investira dans plusieurs dossiers portés par l’organisme.

En 2013, son travail se voit encore une fois reconnu, cette fois-ci pour son rôle dans le mouvement syndical. En effet, il reçoit le prestigieux Prix du Président international d’IATSE, en reconnaissance « du dévouement exceptionnel dont il fait preuve à l’égard de son travail, de son syndicat et de ses confrères et consœurs ».

Au sein d’IATSE 514, il met en place un fonds en santé et sécurité entièrement financés par l’employeur.  Ce fonds permet au syndicat d’offrir gratuitement de l’équipement et des formations à ses membres. Cette initiative sera notamment soulignée par le président de l’International lors d’une présentation devant le Conseil exécutif d’IATSE en janvier 2016.

Après avoir quitté IATSE 514 en novembre 2016, aujourd’hui,  Michel Charron se dévoue activement et ardemment en tant que consultant en relations de travail.

 

La Loi S32.1 et la loi 32

La Loi S32.1 (Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma). Grâce à l’adoption du projet de loi 32 en 2009, les techniciens qui participent aux productions audiovisuelles quittent finalement leur no man’s land pour être inclus dans la Loi.

 
 

Michel charron en Commission parlementaire | 4 juin 2009

Commission parlementaire pour l’étude du projet de loi 32. 
IATSE 514 et IATSE 667 présentent leur mémoire avec l’appui de Michel Arsenault, président de la FTQ.  

 

M. Robert W. Johnson en commission parlementaire | 4 juin 2009

Commission parlementaire pour l’étude du projet de loi 32.  
M. Robert W. Johnson représentant de  l'ALLIANCE OF MOTION PICTURE AND TELEVISION PRODUCERS (AMPTP) accompagné de Me. Luc Deshaies, présente leur mémoire.

IATSE international
president's award

 

 

INTERNATIONAL PRESIDENT'S AWARDS

PRESIDENT LOEB
We'll now proceed to the International President's Awards, and I'll read the inscription and call upon the recipients one at a time. The inscription reads as follows: "The International President's Award presented in recognition of outstanding dedication to his (or her) craft, to his (or her) Local and to his (or her) fellow brothers and sisters. I.A.T.S.E. 67th Quadrennial Convention - Boston, Massachusetts - July 22 - 26, 2013".  And the plaques are signed by me as International President.  So when I call your name, please come up.

Nous allons maintenant passer aux prix du président international, et je lirai l'inscription et j'enverrai les destinataires un à la fois. L'inscription se lit comme suit: "Le prix du président international présenté en reconnaissance d'un dévouement exceptionnel à son métier, à sa section locale et à ses (ses) confrères et consœur. IATSE 67e Convention quadriennale - Boston , Massachusetts - 22-26 juillet 2013".  Et les plaques sont signées par moi en tant que président international. Donc, quand j'appelle votre nom, veuillez vous présenter.

PRESIDENT LOEB
This next individual is someone who frankly risked his personal career in order to start a union and represent motion picture technicians, television technicians in Montreal.  He took  on that challenge and  He built  a local union that now has 1,142 members*, and that's ...

Ce prochain individu est quelqu'un qui a franchement risqué sa carrière personnelle afin de créer un syndicat et de représenter des techniciens en cinéma, des techniciens de télévision à Montréal. Il a relevé ce défi et il a construit un syndicat  qui compte aujourd'hui 1,142 membres , et c'est ...

 

Michel Charron, 


(Standing ovation)

 
 
 
 Louis Marion et  Michel Charron  | Photo: Alexis Gagnon

Louis Marion et Michel Charron | Photo: Alexis Gagnon

 

IATSE 514, LES PARTENAIRES D’AFFAIRES

IATSES 514 appartient à la grande famille de IATSE, un Syndicat fondé aux États-Unis il y a plus d’un siècle dont les champs de spécialité couvrent l’événementiel, le spectacle et le cinéma. Comptant aujourd’hui 1,600 membres, le « local » québécois se fait connaître depuiS près de 10 ans sur les plateaux des films américains de moyen et de gros budget. En rencontre avec le président Louis Marion et le directeur général Michel Charron (ce dernier a été récipiendaire en 2013 du prix du Président d’IATSE), Qui Fait Quoi a pu enfin faire connaissance avec le regroupement.

Qui fait Quoi (QfQ) : Qu’est-ce qui distingue IATSE 514 ?

Louis Marion : Nous sommes une organisation orientée vers l’action et les solutions. Nous avons été l’un des tout premiers locaux de l’IATSE à mettre de côté la variable de l’ancienneté dans la composition des équipes de tournage. C’est un défi qui s’imposait et nous l’avons relevé. Chez nous, la compétence et le mérite, de même que les affinités entre membres d’une équipe, sont des éléments primordiaux. Nous nous distinguons également sur le plan de la santé et de la sécurité au travail. Nous avons su négocier avec les producteurs pour obtenir les ressources nécessaires. Ceux-ci ne sont pas relevés de leurs responsabilités en matière de santé et sécurité, ils sont simplement pris en charge. C’est un souci de moins pour eux. Dès 2007, nous avons formé massivement nos membres en ce sens. Le modèle que nous avons mis au point est à présent imité ailleurs en Amérique du Nord.

Michel Charron : Depuis le jour un (1) de nos activités, notre but a toujours été de faire des affaires. Nous sommes les partenaires de joueurs qui évoluent dans les ligues majeures. Sur ma carte, il est indiqué directeur général, mais le titre anglais le dit sans détour : « Business Agent ». Ça veut dire que nous sommes là pour aider l’employeur dans un cadre gagnant-gagnant. Nous ne sommes pas une organisation syndicale qui tape du poing sur la table. Ce n’est pas comme ça qu’il faut procéder avec les producteurs américains, parce qu’ils peuvent décider d’aller ailleurs en un claquement de doigts. Des centres urbains capables de les recevoir dans le monde, il y en a maintenant des dizaines. En tant que partenaires, nous avons leurs intérêts à cœur, tout comme les nôtres. Il y a un lien direct entre notre implantation à Montréal, au milieu des années 2000, et l’augmentation des tournages chez nous. Et ça continue.

QfQ : Justement, comment se dessine l’été 2014 ? est-ce une bonne année ?

Michel Charron : C’est une année un peu bizarre. C’est un peu plus lent que d’habitude. Nous avons pour le moment la confirmation d’un long métrage de Robert Zemeckis intitulé « To Reach the Clouds ». Cette production n’est pas un blockbuster à proprement parler, mais l’équipe gère tout de même un budget de plusieurs dizaines de millions. Nous ne pouvons donc pas dire que 2014 est une année de gros films. Pour le moment, du moins. D’autres projets, dont certains sont importants, pourraient s’ajouter prochainement. En attendant, il y a lieu de se réjouir du fait que nous accueillons beaucoup de pilotes de séries télé. Un volume jamais vu auparavant. Nous sommes actuellement en négociations pour un pilote de Warner intitulé « The Lottery ». Par ailleurs, la série Sony « Helix », dont le pilote avait été filmé chez nous, reviendra probablement à Montréal d’ici la fin de l’année.

QfQ : Le niveau du crédit d’impôt offert par le gouvernement québécois doit-il être ajusté à la hausse ?

Michel Charron : C’est certain que la stabilité de notre activité, et les retombées économiques afférentes, reposent sur les crédits d’impôt. Maintenir le crédit à son niveau actuel est essentiel. Faut-il un mécanisme fiscal plus agressif ? Je préfère ne pas me prononcer. Sinon pour dire que nous voulons le maintien d’un crédit d’impôt compétitif et pérennisé. Si on regarde du côté des deux autres grands centres de production cinématographiques canadiens, Toronto et Vancouver, on voit que l’offre fiscale est quasiment identique. Nous nous ajustons les uns aux autres. Avec ses infrastructures de tournage de premier plan et les crédits qui sont donnés dans le créneau des effets visuels numériques, par exemple, Montréal demeure une destination de premier choix.

QfQ : La paix syndicale règne-t-elle dans le milieu syndical de l’audiovisuel à l’heure actuelle ?

Michel Charron : Pas tout à fait. Nous avons des divergences de vues avec l’AQTIS, qui a récemment reçu le mandat de ses membres pour effectuer du maraudage, une pratique qui est autorisée, à tous les cinq ans, par la Commission des relations du travail (CRT). Nous ne savons pas s’ils vont mettre ce maraudage à exécution. Il faut savoir que seulement 15 ou 20 % du membership AQTIS est actif en long métrage. Dans ce pourcentage, la quasi totalité est également membre chez nous. L’AQTIS a obtenu le droit, en 2009, de prendre en charge des productions cinématographiques de moins de 35 millions $. C’est un compromis que nous avons accepté de faire. Mais ça ne leur a pas suffi. L’association veut à présent s’occuper des tournages indépendants de plus de 35 millions $. Ce créneau particulier nous revient de droit, tout comme celui des super productions faites par les « majors » hollywoodiens. Nous nous sommes bien occupés des secteurs de production qui sont les nôtres. Nous avons la compétence et offrons les meilleures conditions de travail. Une remise en question du statu quo pourrait lancer la CRT dans un processus de plusieurs mois et provoquerait de l’incertitude et de la volatilité – choses que les producteurs américains détestent.

QfQ : Faites-vous la promotion de Montréal et du Québec au côté du BCTQ?

Michel Charron : Nous étions membres du BCTQ jusqu’à l’année dernière. Nous nous sommes retirés car nous estimons que l’organisme, sous la direction du commissaire Hans Fraikin, n’est pas suffisamment inclusif et pro-actif. Présentement, nous faisons la promotion de notre industrie en solo. Deux à trois fois par année, nous nous rendons à Los Angeles pour rencontrer les grands décideurs et les porteurs de projets.

 

Sophie Bernard pour Qui Fait Quoi

 
 
  Michel Charron  | Photo: Cédric Charron

Michel Charron | Photo: Cédric Charron

 

L’été sera bon pour les tournages, estime Michel Charron de IATSE 514

Les membres de IATSE 514 ne chômeront pas cet été. En effet, trois projets les attendent. « Akkaba », prochain volet de la série « X-Men », « Story of your Life », le prochain long métrage américain de Denis Villeneuve, ainsi que la minisérie « Sold », une production de Muse Entertainment, les occuperont pour les prochains mois. D’ailleurs, dans le cas de « Sold »,  Michel Charron, directeur général de IATSE 514, espère qu’il y aura des saisons subséquentes de la série. Qui fait Quoi a discuté avec lui de l’état des tournages à Montréal. « Le tournage de "Helix" s’en viendrait, mais rien n’est confirmé, raconte  Michel Charron. Il se peut qu’il y ait d’autres projets, mais nous n’annonçons que les projets qui ont obtenu le feu vert. En 2012, par exemple, nous avions dévoilé un tournage, qui devait se faire en partie à Montréal et en partie à Vancouver, mais finalement, il s’est fait entièrement à Vancouver. Il est arrivé la même chose pour "Night at the Museum", qui est passé à Vancouver alors que nous avions commencé à construire les décors ici. En fait, cette année, nous allons connaître une pénurie de techniciens et de techniciennes. Un beau problème pas facile à gérer. Nous allons vivre un manque d’espace de studios et de main-d’oeuvre. » En fait, cette pénurie de travailleurs affecte plus particulièrement les chefs et les sous-chefs, des « têtes blanches », comme le dit  Michel Charron, très en demande pour les tournages américains. Pour que les membres plus jeunes de IATSE 514 puissent acquérir de l’expérience, la direction du syndicat se tourne vers des plus petits projets et des pilotes. Aux États-Unis, pour dix pilotes, une seule série verra le jour. « Montréal possède un bon bassin de comédiens, note  Michel Charron. Le problème avec les séries est qu’une bonne partie des tournages se passent en extérieur. Or, à Montréal, nous avons trois saisons, et une seule à Vancouver. Sans compter que la Colombie-Britannique se trouve dans le même fuseau horaire que la Californie. Par contre, avec des pilotes, on peut former la relève et les techniciens peuvent avoir plus de productions sur leurs C.V. » Il demeure que Montréal reste une ville très intéressante pour les tournages américains, grâce à son bassin de techniciens assez volumineux. Comme les membres de IATSE 514 peuvent avoir double, triple, voire quadruple allégeance, ils peuvent travailler sur des productions AQTIS.

La demande dans les différents métiers s’avère assez uniforme, tout dépend du volume de l’équipe. IATSE 514 représente un éventail de métiers : accessoires, armes, coiffures, construction, machiniste, script, santé et sécurité, etc. « Sur une grosse production comme "X-Men", on peut compter jusqu’à 600 personnes par jour, cela représente beaucoup de main-d’oeuvre, note le directeur général du syndicat. L’année 2015 s’annonce bonne, contrairement à 2013, où nous n’avons pas connu le plein emploi. Cette année, nous comptons également sur les projets de fin d’été et de l’automne, qui permettront de faire la transition. En fait, notre plus gros problème, pour un projet comme "X-Men" se retrouve dans la problématique d’horaires, car les décors doivent être prêts en même temps. Cela devient hyper compliqué, surtout quand il y a des hyper grandes vedettes. Cela fait partie de la business. »

L’année 2015 s’avère très calme, côté syndical. Selon la loi 32, une période de maraudage s’ouvre tous les cinq ans. Or, tout le monde s’est entendu pour maintenir le statu quo pour encore cinq ans, particulièrement dans un territoire de la taille du Québec. « Nous nous trouvons dans une situation unique au Québec où les employeurs ne peuvent pas choisir avec quel syndicat ils veulent travailler, note  Michel Charron. Or, les producteurs américains ne veulent pas de mauvaises surprises, comme des tensions syndicales. On parle simplement business : oui, nous travaillons pour que les techniciens aient des bonnes conditions de employeurs reviennent ici et qu’ils soient satisfaits. » La menace de réduction des crédits d’impôt a causé de l’incertitude dans le milieu. Le recul du gouvernement du Québec faisant que le montant du crédit d’impôt revienne à ce qu’il était l’année précédente – mais pas les années d’avant – a soulagé tout le monde. L’IATSE 514 a d’ailleurs déposé un rapport devant la commission Gobbout, expliquant clairement les dégâts que causerait une baisse du crédit d’impôt.

 

Sophie Bernard pour Qui Fait Quoi

 
 
  Michel Charron   |  Photo Juliette Rolland

Michel Charron  |  Photo Juliette Rolland

 

IATSE 514 : 10 ans à la défense des techniciens et à la promotion de Montréal

Lancé officiellement en 2005, IATSE 514 est né du désir d’un petit groupe de techniciens, essentiellement des chefs de département, qui travaillaient majoritairement pour des productions américaines et qui se sont rendu compte qu’il y avait de moins en moins de tournages américains à Montréal. Michel Charron, directeur général du syndicat, était de ce groupe. Dix ans plus tard, ce preneur de son de métier porte toujours le flambeau et parle de IATSE 514 avec fougue. Qui fait Quoi l’a rencontré pour faire le point sur ces dix dernières années.

L’histoire des relations de travail des techniciens et techniciennes en cinéma et en télévision a connu son lot de fusions et de défusions depuis les années 1960. Du Syndicat général du cinéma et de la télévision (SGCT) dans les années 1960, en passant par le Syndicat national du cinéma (SNC) et l’Association professionnelle du cinéma du Québec (APCQ) dans les années 1970, puis le Syndicat des techniciens du cinéma du Québec (STCQ) la décennie suivante, qui deviendra le Syndicat des techniciens du cinéma et de la vidéo du Québec (STCVQ), l’Association professionnelle de la vidéo du Québec (APVQ) quelques années plus tard, jusqu’à l’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son (AQTIS) en 2004 et IATSE 514 en 2005, les alliances, les grincements de dents et les positions bien campées ont été légion. « À cette époque, nous voyions de moins en moins de tournages américains et nous n’étions pas tous très satisfaits de l’AQTIS, raconte  Michel Charron. Notre idée était de séparer le cinéma et la télévision et de nous attacher à un syndicat international afin de créer un momentum de stabilité. Nous n’avions rien à perdre, alors nous avons appelé les gens de IATSE à Toronto. Nous avons eu une douzaine de rencontres avec eux et nous nous sommes mis d’accord. »

Pour mieux comprendre la raison ayant poussé les techniciens à se tourner vers une organisation internationale, il faut savoir que IATSE fondée à New York en 1893, qui signifie International Alliance of Theatrical Stage Employees, Moving Picture Technicians, Artists and Allied Crafts of the United States (and its territories) and of Canada, comprend trois grandes familles : la scène, les salons professionnels et le cinéma.

En 1987 était adoptée, au Québec la Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma (Loi S 32.1). Or, celle-ci n’encadrait que les conditions des artistes en général. Du côté des techniciens, elle ne reconnaissait que 16 métiers, alors qu’on compte une centaine de métiers exercés. Dans les négociations avec l’APFTQ (aujourd’hui AQPM), seuls ces 16 postes étaient représentés. Les techniciens se sont rendus à la Commission des relations du travail. Avec l’adoption de la Loi 32, qui vient s’imbriquer dans la Loi S 32, on reconnaît que toute personne qui travaille dans la culture a droit à une représentation.

Depuis les tout débuts, IATSE 514 est affiliée à la FTQ, afin de se donner un levier représentatif auprès du gouvernement québécois. « Notre plan était que tous les travailleurs aient du boulot à l’année, souligne le directeur général. Pour se faire, nous devions attirer des productions américaines. Jusqu’à l’adoption de la Loi 32, nous avons dû nous battre, sous la tutelle de la FTQ.» Aujourd’hui, IATSE 514 et IATSE 667 sont reconnues pour les productions des huit grands studios américains et de leurs compagnies affiliées, ainsi que pour les productions américaines tournées par des indépendants dont le budget est supérieur à 31 millions $ (35 millions $ depuis 2012). De son côté, l’AQTIS est reconnue pour les autres productions, soit les films étrangers autres qu’américains, les tournages domestiques ainsi que pour les productions américaines tournées par des indépendants ayant un budget inférieur à 31 millions $ (35 millions $ depuis 2012). En fait, l’industrie se découpe en quatre secteurs : le premier pour les productions locales (Québec, Canada et coproductions sans producteurs américains) qui relèvent de l’AQTIS, le deuxième pour les productions américaines qui relèvent de l’AMPT ; le troisième, pour les productions américaines indépendantes de moins de 35 millions $ qui reviennent à l’AQTIS, et le dernier, pour les productions indépendantes de plus de 35 millions $ avec IATSE.

En 2004, IATSE 514 a obtenu qu’il n’y ait pas de maraudage entre les différentes associations syndicales. « Nous voulions donner l’image que Montréal était un endroit stable, note  Michel Charron. À l’époque, les Américains venaient ici, mais seulement lorsqu’ils ne pouvaient pas aller ailleurs. En 2005, 35 villes dans le monde offraient des services pour l’accueil de production, elles sont aujourd’hui 150. Dorénavant, Montréal se trouve sur le radar pour les tournages live action. Nous devons donc créer un climat de confiance. Cela collabore au succès de Montréal. Nous voulons faire en sorte d’être 100% approuvé. Ça s’en vient, même si quelques irritants persistent ». La prochaine échéance pour le maraudage sera en 2019. Le directeur général se félicite également de la conclusion d’ententes de réciprocité, qui permettent une meilleure couverture en matière d’assurances. Le membership s’élève aujourd’hui d’environ 1 200 à 1 500.

Le syndicat montréalais est le seul de toute la famille IATSE qui a eu le droit de choisir son numéro, ce dont Michel Charron se montre très fier, car ce numéro demeure très symbolique. Lorsque les équipes américaines téléphonent, ils reconnaissent tout de suite le 514 et l’identifie à la métropole québécoise. Preneur de son de métier, partenaire du Studio Modulations, il accepte de prendre le poste de directeur général en juillet 2006, alors que IATSE 514 se cherchait ce que les Américains appellent un « businessagent », lapersonneresponsabledefairele suivi. Ces postes de« business agent » s’avèrent hyper stratégiques et 90% d’entre eux viennent directement du terrain, car ils connaissent les mécaniques du milieu. Grâce à son expérience chez Modulations, la gestion de personnel ne lui faisait pas peur. En 2013, il reçoit le Prix du Président international d’IATSE lors du dernier Congrès quadriennal, en reconnaissance « du dévouement exceptionnel dont il fait preuve à l’égard de son travail, de son syndicat et de ses confrères et consoeurs ». Modeste, il affirme qu’il doit ce prix à toute son équipe. « Il n’y en a pas eu de facile pour le 514, encore aujourd’hui, des gens me considèrent comme un traître à la nation, dit-il. Mais, nous avons un conseil de direction formidable et nous avons le soutien du conseil et de tous les membres. »

Signe que l’industrie de la production fonctionne bien au Québec, la masse salariale ne cesse d’augmenter depuis 2009, passant de 5,3 millions $ cette année- là, à 15 millions $ en 2010, à 19,5 millions $ en 2011, à 38,8 millions $ en 2012. Les années 2013 et 2014 ont connu des baisses, avec respectivement 35,3 millions $ et 20 millions $. Toutefois, 2015 s’annonce prometteuse. En six mois à peine, la masse salariale représente 23,1 millions $, grâce à des productions telles qu’ « Abbaka », « Helix » saison 2, « The Art of More », « Sold » saison 2 et encore « Story of your Life ». « Notre rôle est d’offrir aux travailleurs les meilleures conditions de travail, les meilleurs salaires, mais nous devons également faire en sorte que les employeurs reviennent. Oui, on trouve de bons restos à Montréal, oui, le crédit d’impôt existe, mais surtout, nous avons les meilleurs travailleurs et travailleuses », conclut  Michel Charron.

La santé et la sécurité avant tout

Chez IATSE 514, on ne rigole pas avec la santé et la sécurité. Depuis le premier tournage portant l’empreinte du 514, soit « Spiderwick Chronicles » en 2006, l’organisation a développé des formations de pointe variées. Il faut dire que, au Québec, la Loi sur les compétences est hyper spécifique. Les employeurs dont la masse salariale est supérieure à deux millions (depuis le dernier budget Couillard, alors qu’elle devait être supérieure à un million depuis son instauration en 1995) se doivent d’offrir de la formation. L’organisation a donc ouvert son propre centre. Depuis janvier 2015, elle a offert 506 certifications.

Sophie Bernard pour Qui Fait Quoi

 
 
 Louis Marion et  Michel Charron  | Photo: Juliette Rolland

Louis Marion et Michel Charron | Photo: Juliette Rolland

 
 

Bilan 2015 : le cinéma et la télévision en pleine effervescence

2015, une bien belle année pour IATSE 514

Michel Charron, directeur général du syndicat de IATSE 514, se réjouit : 2015 a été « très bien ». Les employés membres travaillant sur des productions de majors américains n’ont pas chômé, malgré un petit creux au début de l’automne. Leur masse salariale se situe à 44 millions $ alors que l’année n’est pas encore terminée, battant le record de 2012 de 38 millions $. Le fait que la grande région de Montréal ait accueilli plusieurs projets en même temps n’est pas étranger à cette situation, explique le DG à Qui fait Quoi. D’ailleurs,  Michel Charron a entrepris, début octobre, un voyage de marketing à Los Angeles pour continuer ses démarches afin d’attirer les tournages américains en terre québécoise.

Quels ont été les bons coups de l’année 2015 ?

« Le désistement de l’AQTIS de sa requête en maraudage afin d’établir la paix syndicale, répond sans hésiter  Michel Charron. Dorénavant, c’est pas de chicane dans ma cabane ! Le plus important, pour nous, demeure que les gens travaillent. Le 514 oeuvre également très fort pour la santé et la sécurité. Nous avons accès à un fonds de 2 %, financé par les employeurs qui nous permet d’offrir des équipements pour la bonne marche du travail, pas uniquement pour les membres de IATSE 514, mais aussi pour ceux qui ont double allégeance avec l’AQTIS. Cela nous a permis de rattraper des lacunes. » Pendant des années, explique-t-il, les travailleurs de l’industrie n’étaient pas formés adéquatement, d’autant plus qu’ils devaient payer non seulement pour la formation, mais également pour le temps qu’ils y passaient. Sans compter le fameux 1 % de la formation accordé par le gouvernement du Québec, pour les budgets de 2 millions $ et plus.

Pour les employeurs, le 1 % permet d’aller chercher des crédits supplémentaires, précise le DG de IATSE 514. Les employés peuvent ainsi recevoir la formation pendant la période de production et, les cours, nous on s’en occupe. Tout cela mis ensemble, les employés se montrent motivés à aller chercher cette formation. » Ces derniers peuvent suivre autant des cours de base que des cours de rafraîchissement, que ce soit en maniement de chariot élévateur ou en premiers soins. Les cours de rafraîchissement étant offerts sur une demi-journée, ils ont la possibilité d’en faire deux dans la même journée. IATSE 514 propose quelque 80 sessions de formation annuellement.»

Pour  Michel Charron, l’année 2015 ne fut assombrie d’aucun nuage. Certes, on a beaucoup entendu parler des conditions de travail, mais les membres du syndicat n’en sont pas affectés, cette réalité existant surtout sur les plateaux télé. « Nous ne vivons pas dans le même univers que la production télé, rappelle- t-il. Nos employeurs arrivent avec leurs budgets, donc ils n’ont pas à subir les coupes imposées par les gouvernements. Évidemment, il se peut qu’il y ait des rythmes effrénés et de longues heures, mais les tournages américains s’avèrent très payants. Les seules plaintes que nous recevions, c’est qu’il n’y a pas assez d’heures !» En cinéma, selon les conventions collectives, aucun lock-out et aucune grève ne sont autorisés. Seule la CSST est habileté à fermer un plateau. « Évidemment, il peut y avoir des plaintes individuelles d’une personne qui ne veut pas travailler 50 heures par semaine, reconnaît le DG. On ne peut pas obliger les gens, mais le temps de travail est rarement évoqué dans les plaintes. Cette année, c’est arrivé une fois, lorsqu’une deuxième équipe a trouvé le temps de travail un peu excessif. 

Que réserve 2016 pour les membres de IATSE 514 ?

« Travail, travail, travail, répond  Michel Charron. Notre but ultime est de faire travailler les gens, donc d’attirer les projets ici. Évidemment, tout le monde désire faire le prochain Denis Villeneuve. Notre mission, depuis 2005, demeure que nos membres aient du travail à l’année. »

 

Sophie Bernard pour Qui Fait Quoi

  Michel Charron   |  Photo: Juliette Rolland

Michel Charron  |  Photo: Juliette Rolland

 

Programmes de formations et de santé et sécurité au travail
IATSE local 514

 
 
  Michel Charron  Janvier 2016

Michel Charron
Janvier 2016

 

 

Michel Charron, l'agent d’affaires et directeur générale de la section locale 514 de l’aiest (IATSE) 514, a présenté un rapport au Bureau général de direction IATSE International en janvier 2015 sur le succès des initiatives de sa section locale en matière de formation en santé et sécurité au travail. Ces initiatives sont financées exclusivement par les contributions des employeurs au Fonds de la section locale pour la formation, la santé et la sécurité. En chiffres, la section locale a tenu 413 sessions de formation pour ses membres depuis 2007. Un chiffre qui s’est traduit par la remise de 3,175 certificats de compétences. En 2015, les ministères du Travail et de l’éducation du Québec ont accrédité la section locale en tant qu’organisation gouvernementale reconnue en formation.

La section locale offre actuellement les services de trois membres experts pour « former les formateurs ». Au fil des ans la section locale a organisé des formations dans plusieurs domaines, que se soit les premiers soins, la protection contre les chutes, le gréage (ETCP), l’opération des appareils de levage ou encore l’inspection des échafaudages. Toutes les formations respectent les réglementations autant fédérales que provinciales et elles ont été adaptées aux industries de la télévision et du cinéma.  

Michel Charron a aussi expliqué que la section locale utilise son fonds de santé et sécurité pour offrir gratuitement des équipements de sécurité à ses membres. À lui seul, le programme de remboursement des chaussures de sécurité a remis 167 000 $ à plus de sept cents membres depuis 2012. La section locale a aussi subventionné l’achat et l’installation de dix-sept défibrillateurs qui sont répartis sur les lieux de travail et dans les bureaux de la section locale.

Le Président Loeb a félicité la section locale 514 pour la mise en place, en aussi peu de temps, d’un programme très complet de formation et de santé et sécurité au travail pour ses membres. Il a affirmé que l’internationale allait prêter main-forte à  toutes les sections locales à travers l’amérique du nord qui chercheront à offrir de tels programmes de formation.
 

 
  Michel Charron   |  Photo: Juliette Rolland

Michel Charron  |  Photo: Juliette Rolland

 

L’année 2015 fut, sans contredit, une année record pour les 1 500 membres de IATSE 514, qui ont récolté plus de 52 millions $ en masse salariale.

La plus grosse année jamais connue pour les productions américaines, affirme Michel Charron, directeur général de IATSE 514. « Le constat est que les gens sont contents, car, notre but ultime demeure que nos membres travaillent », dit-il. Il se montre cependant moins optimiste pour l’été 2016. L’été dernier, cinq longs métrages américains ont pris le Québec d’assaut, au point où il commençait à devenir difficile de trouver des équipes. « Un beau problème ! », lance  Michel Charron.

Et la paix syndicale est maintenue... Du moins jusqu’en 2019, année de maraudage. « L’AQTIS a bien tenté des manoeuvres de maraudage, pour joindre certains secteurs, mais sa demande a été rejetée par la Commission des relations du travail (NDLR : dorénavant le Tribunal administratif du travail), précise le directeur général de IATSE 514. La Guilde canadienne des réalisateurs a également déposé une requête, mais un vote en a décidé autrement à l’automne 2015. »  Michel Charron espère que cette accalmie se poursuivra jusqu’en 2019, mais tout peut arriver, reconnaît-il.

Ce calme sur le front syndical permet à l’équipe de IASTE 514 de se concentrer sur un de ses plus gros dossiers, celui de la santé et sécurité au travail. « Nous sommes arrivés à faire quelque chose d’unique au Canada, explique  Michel Charron. Nous avons même reçu des félicitations de Matthew Loeb, président international de IATSE, qui a affirmé que l’Internationale allait prêter main-forte à toutes les sections locales à travers l’Amérique du Nord qui chercheront à offrir de tels programmes de formation. Cela augure très bien, nous avons un beau programme auquel nous pensons depuis longtemps, mais, entre temps, le RFAVQ a disparu, nous l’avons vu venir et nous nous sommes préparés. » Les initiatives mises en place par le syndicat montréalais sont financées par les contributions des employeurs au Fonds de la section locale pour la formation, la santé et la sécurité. Depuis 2007, IATSE 514 a tenu 413 sessions de formation pour ses membres pour la remise de 3 175 certificats de compétences. En 2015, les ministères du Travail et de l’Éducation du Québec l’ont accréditée en tant qu’organisation gouvernementale reconnue en formation. Le syndicat propose actuellement les services de trois membres experts pour « former les formateurs ». Les formations ont été offertes dans plusieurs domaines : premiers soins, protection contre les chutes, gréage (ETCP), l’opération des appareils de levage ou encore inspection des échafaudages. Plus encore, les fonds de santé et sécurité sont utilisés pour offrir gratuitement des équipements de sécurité aux membres. IATSE 514 a également subventionné l’achat et l’installation de dix-sept défibrillateurs qui sont répartis sur les lieux de travail et dans ses bureaux.

« On croyait que 2016 était bien parti, en matière de tournages américains, mais certains projets sont partis », s’inquiète  Michel Charron. En effet, les séries « The Alienist » et « Quantico » (saison 2) ont délaissé Montréal pour New York. Le directeur général garde espoir, car le syndicat se fait solliciter pour les tournages de pilotes, une tendance qui va en s’accentuant. « Vancouver et Toronto se trouvent remplis à capacité, voire plus, dit-il. Montréal traîne de la patte. Pour quelles raisons ? La compétitivité ? Les fournisseurs ? Dans le cas des fournisseurs, le dossier reste à suivre. »

Les projets vont et viennent, reconnaît  Michel Charron. Et même si les décors sont déjà montés et les bureaux de production ouverts, rien n’est certain. « Nous n’affichons jamais les projets tant qu’ils ne sont pas sûrs et certains, affirme-t-il. On a déjà vu des gens s’endetter avant de commencer à travailler, s’achetant une maison ou une piscine, pour voir ensuite la production partir à Vancouver. » Ce fut le cas de « Night at the Museum » en 2006.

 

Sophie Bernard pour Qui Fait Quoi